Je fus et resterai...
L'enfant des mots arides,
Le vieil homme aigri reniflant l'odeur fétide,
Posté devant sa fenêtre, face à l'aversion.
Les élégies berceuses d'enfance auront raison
De ces souffles retenus et des artifices
Qui passent les saisons mais qui gagnent le vice.
L'animal solitaire, contemplatif ingénu
Sur le sol des repentirs aujourd'hui mis à nu,
Découvrant l'appât comme il rend sa vie
Hiératique puis trépidant devant l'oubli.
Je suis le pantin dans l'harem, contraint aux mimes,
Vadrouillant au travers des lignes et des mémoires,
Scélérates à jamais, bien que compensatoires.
Empanaché sur le chemin de la transparence,
Se collant contre la terre, oubliant l'exigence
Scintillant toujours sur les plafonds révélés,
De ce sourire comme de ce sang mal enveloppés.
(...)
Les ruines d'antan édifient le vacarme nocturne
D'un ingrat pensant aux désopilantes infortunes,
Où s'éveille l'incompétence des plaisirs désarmés
Pareille à l'immuable apathie aux jours enlacés.
La prunelle aveuglée et silencieuse, habituée
Aux partisans d'une démence invétérée
Renferme l'amer souvenir d'un mot délié
Autant que l'importune perle au parfum désabusé.
Ennemi du sommeil, invité d'honneur
Aux grisants regards, nuisibles à cette heure
Il suffit d'une nuée sur mes pas déchus
Pour voir en cette nuit un homme rendu.
Contre les herbes éclairées par le crépuscule, dans la clameur des mémoires, je fais appel à vous, qui brillez d'infamie à l'égard du printemps, comme jadis dans le silence du jour, liant le rival à la vie comme à la mort. Bagages dispersés, je fuis l'azur autant que la lumière surgit, pour vous appeler encore et toujours et trembler de ne plus vous percevoir, à genoux comme un homme qui s'essouffle et qui revit, veillant pour mieux contempler l'horizon qui s'avance.
12/08/2013. VJ.
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