Je suis une entrave à leur appétence dévorante, un visage étranger qui se libère de toute convoitise, qui se dessine et se défait, vitupérant contre l'obscurantisme amoureux avec l'organe de l'enjôlement. Je parcours les regards incongrus ainsi que les bouches desséchées avides de suprématie charnelle et je condamne chacune de leurs paroles inertes face au pilier qui supporte mon aspiration première. Il m'est inévitable d'octroyer une attention particulière à l'image, peu importe qu'elle soit source de fantasmes nauséeux ou d'intentions insidieuses; ma posture nourrie d'aplomb se doit de rester la même, j'agis par la voix du chaos et pour le leur, sans jamais cheminer autrement qu'avec mon désir de devancer leur ignominie suintante. La profusion des regards sous l'éclairage printanier ou bercée par l'ivresse nocturne me bouscule dans un état d'aversion quasi-aliénant qui ne peut se renverser en satisfaction jouissive que lorsque je serai parvenu à ancrer un peu de mon chaos dans leurs pupilles désireuses de mort.
23 Avril 2011. VJ
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